La dépression constitue un véritable problème de santé publique. On estime qu’elle touche directement trois millions de personne chaque année en France et donc beaucoup plus indirectement. Cette maladie génère une importante souffrance morale chez celui qui l’éprouve et impacte tous les domaines de vie. Bien que ce terme soit fréquemment utilisé, il n’est pas toujours simple d’en saisir les contours et les causes mais aussi les thérapeutiques.
Tout d’abord, la dépression est un état (et non une personnalité) qui se caractérise par trois symptômes majeurs :
- un sentiment de désespoir au sens littéral du terme
- une grande tristesse
- une perte d’intérêt et de plaisir pour les activités qui en procuraient autrefois
Ces symptômes primaires sont obligatoirement présents au moins une fois par jour pendant deux semaines au minimum pour parler de dépression. Cette maladie s’accompagne également de symptômes secondaires qui vont varier d’une personne à une autre. Ils peuvent être classés selon quatre catégories : les symptômes psychiques, les symptômes comportementaux, les symptômes cognitifs et les symptômes objectifs.
Les symptômes psychiques :
- Douleur morale
- Pessimisme
- Ennui
- Auto-dépréciation
- Culpabilité
- Anesthésie ou indifférence affective
- Incapacité à trouver du plaisir (anhédonie)
- Vision négative de soi, du monde et du futur
- Hypersensibilité
- Idée ou désir de mort
Les symptômes comportementaux :
- Ralentissement du comportement, de la pensée ou de la communication
- Sensation de fatigue intense
- Repli sur soi, isolement
- Négligence, laisser-aller
Les symptômes « objectifs » :
- Troubles du sommeil (insomnie, hypersomnie, réveils nocturnes…)
- Troubles de l’alimentation (perte d’appétit ou au contraire hyperphagie…)
- Troubles somatiques (douleurs…)
- Addictions
- Troubles sexuels (baisse de la libido, impuissance…)
- Troubles du caractère (irritabilité, agressivité, impulsivité…)
Les symptômes cognitifs :
- Pensée appauvrie
- Troubles de la concentration
- Fatigue intellectuelle (on me mentionne souvent une incapacité à lire un livre par exemple)
- Jugement et raisonnement imprégnés par la tristesse et le pessimisme.
- Rumination mentale
C’est le nombre et l’intensité de ces symptômes qui font la gravité de l’état dépressif.
On distingue trois types de causes pouvant favoriser la dépression.
- Les facteurs psychologiques : ils trouvent leur origine dans l’enfance (relations avec les parents, expériences difficiles…) ou dans une période plus récente (traumatismes, deuil…). Certains schémas de pensées ou croyances comme une estime de soi négative peuvent favoriser la survenue ou le maintien d’une dépression.
- Les facteurs liés à l’environnement : les évènements déstructurants ou traumatisants, le stress excessif ou encore le cumul des facteurs de stress sont des facteurs circonstanciels pouvant engendrer une entrée ou un maintien dans la maladie.
- Les facteurs biologiques : de nombreux travaux font apparaître des facteurs génétiques ainsi que le rôle de neurotransmetteurs, des systèmes endocriniens, des altérations chronobiologiques… Une personne dont l’un des parents a fait une dépression a deux à quatre fois plus de risque d’en souffrir lui aussi au cours de sa vie.
Pour synthétiser, les théories actuelles expliquent la dépression par des interactions complexes entre vulnérabilité génétique, modifications des systèmes de régulation du stress et influences environnementales. Plusieurs mécanismes sont encore mal connus et font toujours l’objet de recherches.

Précisons qu’il existe différents types de dépressions. On distingue l’épisode dépressif caractérisé (ponctuel) de la dépression chronique (épisodes récurrents) mais aussi les épisodes dépressifs dus à la bipolarité, les dépressions saisonnières, la dépression post partum… Enfin, on distingue le mécanisme de deuil consécutif à une perte ou une séparation et la dépression, bien que les symptômes s’en rapprochent (mais le mécanisme est différent).
Mais que faire lorsque l’on traverse un tel épisode ou que l’un de nos proches y est confronté ?
Il est tout d’abord essentiel de se prémunir du risque suicidaire. Si celui-ci est présent, la consultation d’un professionnel est absolument nécessaire. Il aura la capacité de l’évaluer et de le traiter. Une hospitalisation est parfois indispensable. Par ailleurs, les traitements antidépresseurs viseront le soulagement des symptômes. Enfin, la psychothérapie aura pour but de traiter en profondeur les causes du mal être. La personne recevra une écoute bienveillante et neutre. Le retour sur son parcours pourra être cathartique et permettra à la personne, aidée du professionnel, de comprendre les dynamiques ayant entraîné une décompensation vers la maladie.

La guérison est un long processus au sein duquel la volonté seule ne suffit pas. Un temps certain est nécessaire pour analyser, comprendre et modifier certains paramètres de sa vie interne et externe. Un professeur de psychologie m’a dit un jour que la dépression arrive quand le psychisme est confronté à une impasse. Celui-ci se désorganise, ce qui génère de la souffrance, une sensibilité accrue ainsi qu’une perte de repères, certes pénibles, mais nécessaires à la réorganisation.
Excellent !
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Super clair. Bises Ana
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