La santé mentale

Lors de mes études en psychologie, on a eu tendance à me présenter bien davantage l’aspect pathologique du psychisme humain que son caractère sain. En réalité, la santé mentale est abordée en creux lorsque l’on évoque la pathologie et pourrait se définir par la négative. « Est sain tout ce qui n’est pas pathologique ».

Pourtant, se cantonner à la présence ou non d’une maladie mentale serait réducteur et même inexact. On peut être en bonne santé mentale parce qu’on en prend soin malgré une pathologie psychique. En fonction des ressources, de l’éducation, de la disponibilité, de l’envie, des expériences… de l’individu, la santé mentale va être prise en compte ou non. Le domaine de la psychologie souffre encore de nombreux préjugés et l’aspect psychologique est parfois mis de côté voire dénié malgré ses enjeux. On peut donc à l’inverse présenter une santé mentale précaire sans souffrir de maladie mentale.

Définir le concept de santé mentale est assez périlleux car cela implique de décréter qu’il existe une forme de « norme » en terme de bien être psychique, un fonctionnement « idéal » qui pourrait devenir clivant, culpabilisant voire ostracisant. Par ailleurs, un individu vit des variations d’humeur, des moments de stress, de tristesse, de baisse de motivation, des déceptions au fil de ses expériences. Si l’on s’intéresse uniquement à ces aspects négatifs ponctuels, on pourrait émettre un jugement erroné quant à la santé mentale.

En réalité, la notion de santé mentale est évolutive et se pense en termes de capacités d’adaptation. L’humain va vivre des moments de compensation et de décompensation qui vont lui permettre de maintenir une forme d’équilibre psychique. Ce n’est pas donc pas l’absence d’évènements négatifs qui garantit le bien être mental, mais la capacité d’y faire face sans trop se désorganiser. En psychologie, on parle de continuum entre le normal et le pathologique (la pathologie s’inscrivant dans la durée et l’intensité).

L’Organisation Mondiale de la Santé définit la santé mentale comme un « état de bien être qui permet à chacun de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés normales de l’existence, de travailler avec succès et de manière productive et d’être en mesure d’apporter une contribution à la communauté ». On perçoit ici l’origine anglo-saxonne de cette notion. En France, on distingue nettement la santé mentale de la notion de productivité. Elle est davantage reliée à un bien être interne.

Plus concrètement, certains facteurs vont être déterminants pour garantir et sauvegarder la santé mentale :

  • L’hygiène de vie : alimentation saine, activité physique régulière, repos…
  • L’estime de soi : confiance et bienveillance envers soi
  • La connaissance de soi, de ses points forts et points faibles, de ses valeurs, de ses besoins, de son fonctionnement…
  • La gestion émotionnelle : accueil, acceptation et analyse de ses émotions, prise de recul… juste milieu entre les deux extrêmes ni trop prêt ni trop loin de ses émotions!
  • Les capacités de communication
  • L’aspect social  et l’entourage
  • Le temps pour soi : détente, créativité, relaxation, méditation, loisirs (activités associés à la notion de plaisir et d’efficacité personnelle)
  • La pensée positive

Il appartient bien sûr à chacun de s’emparer de ces grandes notions à sa manière, selon son caractère, ses envies et ses valeurs. L’idée est d’acquérir des « compétences de vie » utiles pour préserver son bien être mais tout en restant libre de mener son existence comme on l’entend. Il ne s’agit en aucun cas de suivre des diktats rigides. Le but est d’être capable de « répondre avec efficacité aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne et [de] maintenir un état de bien-être subjectif qui permet d’adopter un comportement approprié et positif à l’occasion d’interactions avec les autres, sa culture et son environnement ». Les compétences de vie s’avèrent être de véritables tuteurs de résilience face aux difficultés de l’existence.

Ces compétences demandent néanmoins un travail introspectif régulier et actif. Les personnes qui ne l’effectuent pas prennent le risque de subir les évènements et leurs émotions, d’agir sans comprendre, de prendre des décisions regrettables, de souffrir d’angoisses, de ressentir un mal être… Il existe également des personnes qui s’intéressent à la sphère mentale uniquement en temps de crise. Ici, le risque se situe dans la reproduction, l’inscription dans un cercle vicieux.

On peut imaginer que ce travail est contraignant et chronophage mais il s’agit en réalité d’une conscientisation qui devient automatique, peu coûteuse et même agréable quand on en prend l’habitude. Un temps de pause, pour soi, un temps d’analyse rationnelle, de prise de recul permet d’avoir une vision plus claire des choses pouvant éventuellement aboutir à un changement salvateur.

Mon propos ne se veut en aucun cas moralisateur mais mon métier m’a fait rencontrer des dizaines de personnes qui se sont oubliées dans le tourbillon de la vie, qui se sont habituées à leur mal être, qui ne remettent plus en cause une situation pourtant inacceptable, qui ne prennent plus soin de leur santé mentale depuis des années et qui s’épuisent littéralement dans ce fonctionnement. Prendre soin de soi n’est pas égoïste et permet souvent d’être mieux avec les autres !

Pour conclure, la santé mentale est une dimension qui se cultive activement et régulièrement, même lorsque tout va bien. C’est une question de santé publique qui nous concerne tous. Il me semble donc essentiel d’affronter cette question en s’affranchissant des préjugés que nous possédons tous sur la santé psychique.

PS: Si l’activité physique est si souvent plébiscitée lorsque l’on évoque la santé mentale c’est qu’elle combine temps pour soi, plaisir et réflexion et favorise la confiance en soi, la détente et le sommeil. Elle permet en outre de lutter contre le stress. BREF, FAITES DU SPORT 🙂

Publié par anaiscote

Passionnée de psychologie et installée en cabinet libéral depuis 2013 à Chalon-sur-Saône ainsi qu'à Bourg-en-Bresse, je souhaite partager mon grand intérêt pour ce domaine et faire connaître mon activité en proposant des articles courts et accessibles à tous. COTE Anaïs 3 rue des Lancharres 71100 CHALON-SUR-SAONE 1 Boulevard Paul Bert 01000 BOURG-EN-BRESSE 07-81-62-05-05

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