L’hypersensibilité

L’hypersensibilité n’est pas une pathologie mais une caractéristique individuelle d’origine génétique. Elle serait donc « innée » dans la plupart des cas. Néanmoins, certains évènements de la vie peuvent la révéler ou la majorer, notamment les dysfonctionnements des interactions précoces. Une récente étude a mis en évidence le rôle des neurones miroirs dans ce phénomène. Ceux-ci sont primordiaux pour nos interactions sociales car ils nous permettent, entre autre, de reconnaître les émotions d’autrui. Ils ne seraient pas plus nombreux chez les hypersensibles mais plus actifs, que ce soit face à un proche ou un inconnu.

La psychologue américaine Elaine Aron fait référence lorsque l’on évoque l’hypersensibilité. Elle a étudié ce trait de caractère dans les années 90. Elle le définit comme une sensibilité plus haute que la moyenne aux stimuli internes et environnementaux.

Véritables « éponges à émotions », les hypersensibles ressentent intensément ce qu’ils vivent et perçoivent mais aussi ce que les autres éprouvent par empathie. Ils sont aussi sensibles à « l’ambiance » du groupe. Leurs émotions ne se caractérisent pas uniquement par leur intensité mais également par leur variabilité. Les changements d’humeur sont fréquents chez les hypersensibles. Ils peuvent même être jugés comme des personnes excessives ou susceptibles. Cela traduit en réalité leur vie émotionnelle si riche, leurs questionnements si nombreux et leurs réflexions si intenses. La dernière spécificité émotionnelle est une difficulté à traiter, à élaborer ou plus vulgairement à « digérer » les évènements vécus. Les hypersensibles ressassent beaucoup. Leurs blessures psychologiques mettent plus de temps à cicatriser…

Par ailleurs, le tableau clinique comprend souvent une hyperesthésie ou hypersensibilité sensorielle portant sur un ou plusieurs sens. La sensibilité aux bruits est fréquemment évoquée. On retrouve également un sens aigu du détail (hyperacuité visuelle).

Sur le plan cognitif, ces personnes vont souvent être en proie à des ruminations mentales. Percevant plus et ressentant plus, elles « cogitent » naturellement plus. Elles ont beaucoup de mal à mettre leurs cerveaux sur pause. Elles vont enfin présenter des difficultés dans la prise de décisions. Ces doutes sont liés à la prise en compte d’une multitude de facteurs auxquels une personne non-hypersensible n’accordera pas autant de valeur.

De part ces spécificités, la personne hypersensible vit plus intensément les sentiments négatifs. Elle va donc être vulnérable à certaines psychopathologies telles que les troubles anxieux et la dépression. Elle va connaître des moments de fatigue physique et mentale dus aux surstimulations. Sensible à la critique et au regard d’autrui, il n’est pas rare que sa confiance en elle soit assez faible. En groupe, elle peut ressentir un malaise, un décalage, une peur considérable d’être jugée, on encore une forme de timidité ou de réserve.

Le monde du travail peut être particulièrement rude pour les hypersensibles. Ils sont plus sensibles au burn out pour différentes raisons. Ils peuvent être mal compris et donc catalogués ou caricaturés. Ils peuvent avoir du mal à supporter la compétition ou les contextes de pression. Leur sensibilité peut les empêcher de défendre leurs droits efficacement. Ils peuvent aussi souffrir du syndrome de l’imposteur. Les forces de la personne hypersensible s’épuiseront vite dans un environnement malsain. Elle aura de grandes difficultés à résister aux différents facteurs de stress.

Pourtant, ces personnes possèdent des qualités rares et précieuses. Intuitifs, bienveillants, perfectionnistes, rigoureux et créatifs, les hypersensibles sont également de merveilleux amis de part leur empathie et leur humanité. Ce sont des personnes de conviction, possédant des valeurs fortes. Elles présentent des compétences indéniables dans le domaine des relations humaines en raison de leur observation fine ainsi qu’une imagination fertile. Leur regard sur le monde est d’une richesse incomparable.

Cependant, l’hypersensibilité est un trait de caractère qui peut constituer un véritable handicap pour la personne qui en subit les conséquences par méconnaissance de ses spécificités. Il est nécessaire de bien se connaître tant psychologiquement que « physiquement ». La question du repos, du calme et de l’isolement ponctuels est fondamentale ainsi que la présence d’un entourage tolérant et bienveillant. Un environnement qui leur correspond et dans lequel elles se sentent bien fonctionne comme un véritable catalyseur de compétences. Elles pourront s’y révéler et vivre aussi sereinement que possible.  

Publié par anaiscote

Passionnée de psychologie et installée en cabinet libéral depuis 2013 à Chalon-sur-Saône ainsi qu'à Bourg-en-Bresse, je souhaite partager mon grand intérêt pour ce domaine et faire connaître mon activité en proposant des articles courts et accessibles à tous. COTE Anaïs 3 rue des Lancharres 71100 CHALON-SUR-SAONE 1 Boulevard Paul Bert 01000 BOURG-EN-BRESSE 07-81-62-05-05

3 commentaires sur « L’hypersensibilité »

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